Le batch cooking à deux s'arrête en général quelque part en semaine deux, et presque jamais parce que quelqu'un a eu la flemme de cuisiner un dimanche. Il s'arrête parce que l'un de vous ouvre sa boîte le mercredi, en avale quatre bouchées et va s'acheter un sandwich. Après ça, plus personne n'a envie de refaire le dimanche.
Les deux choses qui font tout dérailler
La première, c'est de décider. Avant de cuisiner quoi que ce soit, il faut répondre à trente ou quarante petites questions : quels repas, combien de jours, ce qui va avec quoi, ce qu'il reste dans le frigo, ce que l'autre acceptera vraiment de manger. C'est là qu'est le vrai travail, et il se fait entièrement avant de prendre un couteau. Le faire à deux ne divise pas la charge par deux. En général, ça la double, parce que chaque question doit maintenant recevoir une réponse qui convient aux deux.
La seconde, c'est le goût. Une boîte irréprochable sur le plan nutritionnel et simplement pas bonne est pire que pas de boîte du tout : elle t'a coûté une heure et tu n'en veux toujours pas. Aucun de ces deux problèmes ne se règle en s'appliquant davantage la semaine suivante.
Ce que nous avions mal fait
Notre première version te laissait composer tes repas à partir de blocs : une protéine, des légumes, de quoi caler, un mélange d'herbes et un élément de goût. Ça avait l'air généreux. Nous avons compté après coup : 943 718 400 déjeuners possibles. Une vingtaine, peut-être, ont déjà été cuisinés par quelqu'un.
Nous vérifiions bien les combinaisons, mais uniquement au regard des règles alimentaires. De la feta avec un assaisonnement teriyaki et des aubergines rôties ne viole aucune règle alimentaire, et ça ne fait toujours pas un repas. Tout, sur cet écran, était cliquable : l'application laissait donc entendre que n'importe quelle combinaison donnerait quelque chose de correct, et elle ne pouvait pas tenir cette promesse. Si tu tombes sur une mauvaise boîte, tu ne mets pas en cause le composeur. Tu en conclus que le batch cooking n'est pas pour toi.
La liberté elle-même était le problème, pas l'interface autour. Ce qu'on attend du batch cooking, ce n'est pas du choix. C'est de ne pas avoir à réfléchir, et que ce soit bon.
Ce qui l'a remplacée
Tu choisis maintenant un plat par repas dans une bibliothèque sélectionnée : 159 plats construits à partir de 235 ingrédients, rédigés dans quatre langues. Aucun échange à l'intérieur d'un plat, parce que c'est exactement là que la version précédente dérapait. Quatre plats par repas tournent chaque semaine, pour que tu ne regardes pas la même liste tous les samedis, et le reste de la bibliothèque reste accessible : une rotation qu'on ne peut pas contourner n'est jamais qu'un menu plus court.
Chacun choisit son propre plat et la liste de courses les additionne. La saison filtre ce qui est proposé, pas ce qui existe : un bowl d'été reste donc disponible en janvier. Simplement, on ne t'y pousse pas.
Après coup, il y a une question par plat : fait, pas fait, ou pas terrible. Les plans changent, donc « pas fait » ne compte contre rien. « Pas terrible » retire ce plat de ta rotation et laisse celle de ton partenaire intacte, ce qui compte plus qu'il n'y paraît : deux personnes détestent rarement les mêmes choses, et une liste de refus commune réduirait discrètement le menu des deux.
Une limite, en toute franchise. Les préférences que tu règles (végétarien, végétalien, lactose, gluten, fruits à coque, poisson, viande) filtrent ce qui t'est proposé. C'est un filtre de préférences, pas un contrôle d'allergènes. Si tu es allergique, lis toi-même la liste des ingrédients.
Ce qui marche, avec ou sans application
Trois jours, c'est le plafond pour une prep au frais. Deux, c'est plus sûr. Au-delà, la qualité lâche bien avant la sécurité, et une boîte que tu manges à contrecœur est justement ce que tu cherches à éviter. Si tu veux couvrir plus que quelques jours, prépare une fournée entière et congèle la part que tu n'atteindras pas à temps. C'est un autre calcul : une fournée, c'est un nombre fixe de portions, pas un nombre de jours.
Tout ne survit pas à trois jours au frais. Les féculents, les légumineuses, les légumes racines rôtis, les œufs durs, le poulet cuit et les fromages à pâte dure tiennent sans problème. La salade assaisonnée s'effondre dès le deuxième jour, tout ce qui est croquant ramollit, l'avocat noircit et le poisson se mange de préférence dans la journée. Construis autour de la première liste et traite la seconde comme un ajout frais, le jour même.
Garde le gras et l'acide à part. Le sel et l'acide font rendre leur eau aux légumes, et l'huile ramollit les feuilles. Mets l'huile, le citron ou le vinaigre dans un petit pot et ajoute-les au moment d'ouvrir la boîte. Ça prend trente secondes, et c'est toute la différence entre un troisième jour qui a le goût du premier et un troisième jour bon pour la poubelle.
Une seule liste, classée par ingrédient plutôt que par plat. Deux personnes qui écrivent deux listes, ça donne deux moitiés de concombre, deux bouquets de persil, et l'un des deux qui finit à la poubelle. Additionne le même ingrédient d'un plat à l'autre et achète ce total une seule fois.
Le batch cooking ne devient rentable que si tu attends la boîte avec envie. Les contenants, l'heure du dimanche, le plan : tout est au service de ça. Réussis la boîte du mercredi et le reste se règle en général tout seul.
Commencer à deux, gratuitement
Créez un compte et invitez votre partenaire. C'est gratuit tant que nous sommes en bêta.
Commencer gratuitementÉgalement disponible en : Deutsch · English · Nederlands